Monuments d'églises 17ème Siècle
Au XVIIe siècle (v. 1600–1700), les monuments d’église anglais entrent dans une période de grandeur baroque et d’introspection protestante, reflétant les forces contrastées de la monarchie, du puritanisme et de la Restauration. L’ornementation exubérante du début de l’époque des Stuart cède la place à la retenue austère du Commonwealth, avant de renaître dans le langage classique et orné de la cour de la Restauration.
Les monuments de ce siècle prennent le plus souvent la forme de tablettes murales architecturées, généralement en marbre ou en albâtre, encadrées de colonnes, de frontons et de blasons héraldiques, faisant écho à l’architecture domestique et civique contemporaine. Les effigies, autrefois couchées dans le repos médiéval, sont désormais fréquemment représentées agenouillées en prière ou debout dans des poses naturalistes, intégrées à des niches élaborées.
Cette période marque la maturité de l’influence renaissante dans l’art funéraire anglais, enrichie de dramatisation baroque et de réflexion morale. Les inscriptions deviennent plus littéraires et introspectives, mettant l’accent sur la vertu personnelle, la providence divine et la mortalité, plutôt que sur l’intercession catholique. L’imagerie se détourne des saints et des anges au profit de sabliers, crânes et colonnes brisées, symboles du temps, de la mort et de la résurrection.
Le monument du XVIIe siècle incarne ainsi à la fois le statut social et la spiritualité, servant de témoignage visuel à l’évolution des sensibilités religieuses et à l’émergence d’une culture commémorative résolument protestante, située entre dignité terrestre et espérance éternelle.